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L'Âne d'or ou Les Métamorphoses

Pierre Grimal; Lucius Apuleius Madaurensis

«Lecteur : attention tu ne t’ennuieras pas», nous prévient Apulée. Il était une fois un dénommé Lucius. Plutôt brave, un peu roublard.
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«Lecteur : attention tu ne t’ennuieras pas», nous prévient Apulée. Il était une fois un dénommé Lucius. Plutôt brave, un peu roublard. Notre Lucius, curieux de pénétrer les mystères de la magie, se retrouve transformé en âne, et bien des vicissitudes s’annoncent à lui pour retrouver sa condition humaine.

Nerval voyait dans ce roman une «poétique réalisation des phénomènes les plus frappants du cauchemar». Mais il faut aussi reconnaître qu’Apulée s’est bien amusé en route, et nous invite à en faire de même. Suivons-le dans ses variations sur cet âne tantôt lubrique, tantôt savant.
La vision grotesque d’un homme transformé en âne engage une vision du monde : l’instabilité générale, liée aux variables humeurs des dieux et aux caprices de la Fortune, détermine un remue-ménage universel. Cette mobilité métaphysique se traduit esthétiquement par un pot-pourri de genres, de tons, un brassage d’évènements et de personnes, qui constituent tout l’intérêt de ce surprenant roman.

«J'éprouvais cependant une angoisse et une grande crainte en me demandant comment avec des pattes si énormes et si longues, je pourrais monter une faible dame, comment ce corps si clair, si tendre, tout pétri de lait et de miel, je pourrais l'enserrer entre mes rudes sabots, ces lèvres mignonnes, tout empourprées d'une rosée céleste, en approcher ma large et hideuse bouche, avec ses dents laides et dures comme pierre, et leur donner des baisers, enfin, comment une femme, bien qu'elle ne fût que désir, jusqu'au bout de ses jolis ongles, pourrait recevoir en elle un membre aussi formidable !»

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